Il peut être frustrant de choisir la version de la Bible qu’on aimerait utiliser. Il en existe tellement qu’on se demande si c’est la même Bible, pourquoi autant de versions ? Par ailleurs, je suis conscient que beaucoup ne réfléchissent pas nécessairement au choix de la version de la Bible à utiliser ; ou s’ils le font, ils se basent plutôt sur des critères inconséquents tels que la police des écrits, les notes en bas de pages, la qualité de la couverture, les sous titres et les passages de certains thèmes bibliques à l’arrière de la Bible. Aussi importantes que puissent être ces considérations à titre personnel, elles ne devraient pas être les premières choses à prendre en compte quand on veut acheter ou accepter le don d’une Bible.
Il existe toutes sortes de versions de la Bible parce que toutes les Bibles ne sont pas traduites en utilisant la même approche de traduction. Il faut aussi, je pense, être conscient qu’il y a des Bibles qui sont imprimées chaque jour pour promouvoir un agenda, ou une doctrine ou vision du monde spécifique, qui n’a rien à voir avec l’évangile de Jésus-Christ, mais qui peut être, vise à induire en erreur ou à contrôler, voire aussi manipuler certaines personnes. Vous pourriez vous demander pourquoi quelqu’un dépenserait de l’argent par millions, pour induire les autres, même ceux qu’il ne connaît pas, en erreur ? C’est une bonne question. Je ne peux y répondre ici car c’est loin d’être ce que je me suis proposé de réaliser. Cependant, peut-être que si nous (les chrétiens) étions conscients que la vie est fondamentalement une guerre contre les puissances de ténèbres, nous aurions appris à croître dans notre discernement. Car, assez souvent, derrière les plans de caméra, les chassons populaires, certains financements, les vidéos virales sur les réseaux sociaux, il y a effectivement l’intention de nous divertir. Et j’utilise ce verbe à dessein car de la même racine nous avons le mot divertissement. Et le verbe, lui, veut littéralement dire détourner quelqu’un.
Peut-être que quelqu’un qui lit ces lignes pourrait être découragé, voire déçu. Je pourrais comprendre. Néanmoins, mon but n’est nullement de décourager. Au contraire, je cherche à affermir en vous aidant à faire un choix consciencieux de la bonne version de la Bible.
Il est important de savoir qu’il existe trois philosophies de traduction de la Bible. En guise d’anticipation, permettez-moi de m’arrêter pour un moment. Parce que quelqu’un pourrait dire, pourquoi tous les traducteurs de la Bible ne peuvent pas se mettre d’accord sur une seule philosophie de traduction et nous produire une seule version ? Bien qu’une telle question soit compréhensible, il faut reconnaître qu’en pratique les choses ne sont pas aussi simples. Pour commencer, tous les traducteurs de la Bible ne sont pas allés à la même école (Ne riez pas). De deux, vous savez combien c’est difficile de traduire une langue dans une autre. Non seulement des mots ont un spectre sémantique, c'est-à-dire qu’ils peuvent signifier plusieurs choses à la fois, mais plusieurs mots n’ont pas d’équivalents dans d’autres langues. Pour illustrer, le mot light en anglais peut vouloir dire lumière, léger (par opposition à ce qui est lourd) et allumer (quand on l’utilise comme verbe). Foyer aussi, en français, change de sens selon l’usage. Il peut désigner à la fois un ménage, un lieu où on allume le feu, un centre d’accueil ou de regroupement. D’autre part, notre mot français « Amour » a quatre équivalents en grec. Et comme si tout cela n’était pas déjà assez compliqué, un mot a, nous le savons, plusieurs synonymes et peut donc être traduit de différentes manières.
À cela il faut ajouter le fait qu’il faut, en traduisant, transmettre les idées d’un ancien monde qui n’existe plus, communiquées dans des langues mortes, à une audience contemporaine séparée de plusieurs millénaires. Tout ceci sert à souligner la difficulté d’avoir une seule traduction.
Ceci dit, le travail n’est pas pour autant impossible. S’il l’était, on n’aurait pas de Bibles en français. Mais il faut reconnaître que le travail de traduction de la Bible, comme le reste de l’œuvre humaine, restera imparfait, sujette non seulement aux désaccords mais aussi aux amendements. Et ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. L’imperfection de la Bible traduite ne veut pas dire que la Bible est imparfaite et, par conséquent, errante. La Bible est sans erreur car tout ce que Dieu fait est sans erreur. Mais la Bible ici désigne l’originale.
J’ai pris un long détour, et j’espère que ça valait la peine. Pour revenir à l’idée principale, la première philosophie de traduction, on l’appelle la philosophie d’équivalence formelle. C’est une approche de traduction qui cherche à être fidèle à l’original, en traduisant mot pour mot. C'est ce que je qualifierais d’une tentative idéaliste de traduction. Dans un monde parfait, elle serait la méthode parfaite. Mais si vous m’avez suivi jusqu’ici, vous vous seriez rendu compte des limites d’une telle approche. Ce n’est pas chaque mot qui a un équivalent dans une autre langue. En plus, les règles grammaticales sont aussi divergentes : L’Hébreu et le grec ont des structures grammaticales pour les moins étranges aux locuteurs français contemporains. Cela étant, les traductions qui suivent cette philosophie sont entre autres la version Louis Second et la Bible la colombe.
La deuxième philosophie de traduction on la désigne comme la philosophie d’équivalence dynamique. Elle cherche à traduire, non pas les mots mais les idées. On la désigne d’ailleurs comme l’approche de traduction d’idée par idée. Si la préoccupation majeure de la première approche est d’être fidèle à l’originale, cette deuxième est plutôt préoccupée principalement par la manière dont le lecteur contemporain pourrait appréhender ce que les langues originales essaient de communiquer. Elle est plus sensible aux questions d’accessibilité. Elle tend de ce fait à choisir un vocabulaire courant. C’est un peu comme suivre le journal en français facile de RFI. L’approche vient, comme on peut s’imaginer, avec ses problèmes, le plus important étant l’imprécision. Vous avez certes une idée de ce qui est dit, mais pas exactement ce qui est dit. La Bible en français courant est l’exemple de cette philosophie.
En dernier lieu, nous avons la philosophie de paraphrase. Cette philosophie consiste à plutôt expliquer au lieu de traduire ce qui est dit. Alors pour être honnête, toutes les trois approches sont d’une certaine manière et à certains égards, explicatives ou du moins interprétatives. En réalité, il faut plutôt concevoir et anticiper les chevauchements. Il faut se dire qu’on est sur un spectre de fidélité, allant de plus fidèle à l’originale (mot à mot) à ce qui est moins fidèle (paraphrase). L’Exemple d’une Bible pareille c’est la Bible vivante. J’y mettrai aussi la Bible produite par les témoins de Jéhovah.
Pour conclure, j’aimerais dire qu’il y a de la valeur à chacune de ses philosophies de traduction. Louis Second et la Colombe peuvent être difficiles à comprendre par moment, surtout par les plus jeunes et les nouveaux convertis. En plus, ce n’est pas à tout moment où il voudrait lire la Bible en étant bien sérieux et rigoureux ; les deux autres philosophies sont plus utiles dans ce sens. Cependant, l’étude de la Bible est un exercice rigoureux, elle exige donc l’usage des outils rigoureux. Et nous n’avons rien de mieux pour nous assister dans cette démarche que la version la colombe ou Louis Second, et toutes les autres versions qui suivent cette philosophie de traduction.
Idéalement, tous les chrétiens devraient pouvoir lire la Bible en grec et en hébreu. Apprendre à communiquer avec leur amour (Jésus-Christ) dans la langue dans laquelle il leur a directement parlé et non pas dépendre des intermédiaires (Interprète/traducteurs). Ceci, bien sûr, n’est pas possible.
C’est pourquoi, chaque chrétien doit avoir au moins deux versions de la Bible pour pouvoir lire le même passage dans plus d’une version et faire une comparaison. Cela va non seulement éclairer sa compréhension du texte mais ça va l’approcher de l’originale.
Auteur
Jean CONSOLATEUR